Les Pays-Bas en tête du marché européen de l'emploi en 2026
Quatre pays concentrent 85 % des 10 millions d'offres d'emploi
Une demande de main-d'œuvre concentrée
L'Europe connaît une vague d'offres d'emploi exceptionnellement concentrée. Au total, 31 pays européens ont enregistré 10,02 millions d'offres d'emploi entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2026. Parmi celles-ci, 72,7 % concernaient seulement trois pays : les Pays-Bas, l'Allemagne et la France. La Belgique arrive en quatrième position, portant la part des quatre premiers pays à environ 85 % de l'ensemble des offres d'emploi enregistrées. C'est ce qui ressort d'un nouveau rapport de BestBrokers, basé sur les chiffres d'Eurostat et les offres d'emploi des Services européens de l'emploi (EURES).
Principaux marchés de l'emploi
- Pays-Bas : 2 832 079 – principalement des opérateurs de machines et d’installations
- Allemagne : 2 414 892 – principalement des ouvriers techniques
- France : 2 033 513 – principalement des ouvriers techniques
- Belgique : 1 222 329 – principalement des ouvriers métallurgistes et des opérateurs de machines
- Suède : 285 184 – principalement des profils techniques
- Autriche : 262 638 – principalement du personnel soignant
- Finlande : 109 201 – principalement des professionnels des TIC
- Pologne : 98 502 – principalement des professionnels de santé
- Espagne : 94 750 – principalement des professionnels de l'enseignement
- Suisse : 91 262 – principalement des professionnels de santé
Profils les plus recherchés
Les ouvriers techniques seront les plus recherchés en 2026, avec 731 953 postes à pourvoir. Viennent ensuite les spécialistes administratifs (professionnels associés) avec 630 033 postes, les ouvriers de la métallurgie et de la construction mécanique avec 596 701 postes, et les opérateurs de machines et d’installations avec 522 808 postes. Au sommet des organisations, la demande est relativement limitée : 54 551 postes vacants ont été recensés pour les PDG, les administrateurs et les législateurs. Les postes dans l’agriculture et le secteur primaire restent également parmi les moins recherchés.
Pôles et queues de classement régionaux
Après le top 4, la Suède (285 184) et l’Autriche (262 638) se démarquent, puis la demande chute brutalement pour atteindre 109 201 en Finlande. En Suisse (15 554), en Norvège (9 145) et au Liechtenstein (58), ce sont les professionnels de santé qui sont les plus recherchés. La Croatie enregistre 79 488 offres d’emploi et devance ainsi, entre autres, la Norvège (75 443), la République tchèque (60 882) et l’Italie (48 736) ; en Croatie, ce sont les commerciaux qui sont les plus recherchés (5 917). L'Italie reste à un niveau remarquablement bas pour une grande économie, la profession la plus recherchée étant celle des techniciens en sciences et en ingénierie (8 032).
En bas du classement, on trouve la Hongrie (7 923), la Grèce (7 383), le Liechtenstein (277) et l’Islande (126). Leurs besoins varient considérablement : en Hongrie, ce sont surtout les prestataires de services à la personne qui sont recherchés (473), en Grèce, les artisans et les imprimeurs (2 701) et au Liechtenstein, à nouveau les professionnels de santé (58).

Analyse et interprétation
Selon BestBrokers, la demande sur le marché du travail s'oriente vers des postes essentiels dans les domaines technique, industriel et des soins : ce ne sont pas seulement les dirigeants, mais surtout les « hommes d'action » qui font tourner l'économie. Cette évolution met également en évidence un risque : lorsque la demande de compétences évolue plus rapidement que ne peuvent suivre l’éducation, la reconversion professionnelle et la mobilité de la main-d’œuvre, des goulots d’étranglement menacent de freiner la croissance. Une combinaison efficace entre formation initiale, formation continue et reconversion, ainsi qu'une immigration ciblée, devient donc cruciale pour combler le fossé entre l'offre et la demande.
Méthode
Le rapport combine des données récentes d’Eurostat avec l’ensemble des offres d’emploi publiées via EURES entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2026. L’analyse a notamment porté sur l’emploi en 2026, l’évolution du nombre de personnes actives entre le premier trimestre 2025 et le premier trimestre 2026, ainsi que la répartition des offres d’emploi par pays et par catégorie professionnelle dans 31 pays européens.