La voiture reste dominante malgré la crise énergétique
Ethias observe toutefois une évolution des habitudes
La voiture reste de loin le principal moyen de déplacement des Belges, même dans un contexte marqué par une forte hausse des prix des carburants. C’est ce qui ressort d’une vaste étude sur la mobilité réalisée par Ethias et Ipsos. L’enquête montre toutefois que près de 4 Belges sur 10 ont déjà modifié certaines habitudes de mobilité sous l’effet de la crise énergétique.

Selon l’étude, 81% des Belges utilisent aujourd’hui leur propre voiture comme moyen de transport. Pour 60% des répondants, elle reste également le mode de déplacement principal. Cette dépendance demeure particulièrement marquée en Wallonie, où 71% des personnes interrogées considèrent la voiture comme leur principal moyen de déplacement, contre 59% en Flandre et 37% à Bruxelles.
Les habitudes évoluent davantage
Même si les moyens de transport utilisés restent globalement les mêmes, de nombreux Belges modifient progressivement leurs habitudes de déplacement. Ainsi, 38% des répondants déclarent avoir adapté certaines pratiques de mobilité depuis le début de la crise énergétique.
Ces adaptations concernent principalement la réduction des déplacements non essentiels, le regroupement des trajets et une utilisation différente des moyens de transport existants. Plus de la moitié des personnes concernées expliquent utiliser certains moyens de transport plus ou moins fréquemment qu’auparavant, sans pour autant adopter un nouveau mode de déplacement. Le télétravail et le covoiturage progressent également légèrement.
Parmi les Belges ayant adapté leurs habitudes de mobilité, 88% utilisent moins souvent leur voiture personnelle. Dans le même temps, 75% déclarent utiliser davantage le vélo et 45% recourent plus fréquemment aux transports publics.
L’étude montre également que beaucoup de ces changements pourraient s’inscrire dans la durée. Ainsi, 78% des répondants ayant adopté de nouvelles habitudes souhaitent les conserver même si les prix des carburants devaient diminuer ou se stabiliser.

Le vélo progresse surtout en Flandre
Le vélo continue parallèlement à gagner du terrain dans la mobilité belge. Aujourd’hui, près d’un Belge sur deux utilise le vélo comme moyen de déplacement. La Flandre reste particulièrement en avance dans ce domaine. Pas moins de 77% des propriétaires de vélo interrogés résident en Flandre, contre 15% en Wallonie et 8% à Bruxelles.
L’étude met également en évidence la progression importante des vélos électriques. Parmi les propriétaires de vélo, 43% possèdent un modèle électrique, contre 50% disposant d’un vélo de ville classique.
Le vélo joue aussi un rôle croissant dans les trajets domicile-travail. Près de la moitié des propriétaires de vélo déclarent l’utiliser pour se rendre au travail. À Bruxelles, cette proportion atteint même 68%.
Selon Ethias, le vélo électrique contribue également à allonger les distances parcourues quotidiennement, ce qui pousse certains automobilistes à remplacer leur voiture par le vélo pour certains trajets.

L’électrique continue à susciter des hésitations
Même si les véhicules électriques attirent davantage l’attention, leur véritable percée reste limitée à ce stade. Seuls 8% des propriétaires de voiture disposent aujourd’hui d’un véhicule électrique. Pourtant, 36% des Belges envisagent de passer à l’électrique dans les trois prochaines années ou plus tard.
Les principaux freins restent le prix d’achat, l’autonomie et les infrastructures de recharge. De nombreuses interrogations persistent également concernant les batteries et le cadre réglementaire.
Point marquant: la récente hausse des prix des carburants n’a pas renforcé l’intérêt des Belges pour les véhicules électriques. Selon Ethias, une partie importante de la population hésite encore à franchir réellement le pas.

La mobilité partagée reste marginale
Les solutions de mobilité partagée peinent également à s’imposer. Seuls 6% des Belges utilisent actuellement des services de partage de voitures, même si près de la moitié des répondants affirment envisager au moins une forme de mobilité partagée à l’avenir.
Les jeunes, les habitants des villes et les Bruxellois apparaissent plus ouverts à ces solutions. L’écart reste toutefois important entre l’intérêt affiché et l’usage réel. Les questions de confiance, de responsabilité et d’assurance demeurent des freins importants.
Les différences régionales restent fortes
L’étude confirme également que la mobilité varie fortement selon les régions et les territoires. La Flandre apparaît plus avancée dans l’usage du vélo et des solutions multimodales, tandis que Bruxelles recourt davantage aux transports publics et aux alternatives à la voiture individuelle. En Wallonie et dans les zones rurales, la dépendance à la voiture reste nettement plus forte, notamment en raison d’alternatives souvent plus limitées.
Selon Philippe Lallemand, ceo d’Ethias, l’étude montre surtout à quel point la mobilité est aujourd’hui étroitement liée au pouvoir d’achat et à l’organisation quotidienne.
"La hausse des prix des carburants rappelle que la mobilité dépasse aujourd’hui largement la seule question du transport. Elle touche directement au pouvoir d’achat, à l’organisation du quotidien et à l’équilibre entre les territoires", explique Philippe Lallemand.
