Des ONG réclament une taxe européenne sur le pétrole
T&E et ses partenaires veulent redistribuer les profits
Une coalition de 31 ONG, dont Transport & Environment (T&E), appelle la Commission européenne à réintroduire une taxe sur les surprofits des compagnies pétrolières. Selon elles, cette mesure doit atténuer la crise énergétique et financer la transition.
Les ONG veulent rétablir la contribution de crise
Un groupe de 31 ONG européennes, dont T&E, Oxfam et WWF, a appelé la Commission européenne à réintroduire un mécanisme européen visant à taxer les surprofits du secteur pétrolier. Dans une lettre conjointe, les organisations estiment que ces revenus doivent servir à soutenir les ménages vulnérables et l’industrie, tout en accélérant les investissements dans la transition énergétique.
Les organisations inscrivent leur demande dans le contexte de la crise énergétique actuelle, qu’elles relient aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Selon elles, cette situation a entraîné une forte hausse de la facture européenne des importations fossiles, alors même que les compagnies pétrolières enregistrent des profits exceptionnels.
Des chiffres et une lecture issus des ONG
Selon T&E, la facture européenne des importations fossiles aurait augmenté de plusieurs dizaines de milliards d’euros en peu de temps, tandis que les compagnies pétrolières devraient engranger en 2026 des profits supplémentaires importants, notamment sur les carburants routiers. Ces chiffres reposent sur des analyses propres à l’organisation et s’inscrivent dans une campagne plus large sur les marges et la formation des prix dans le secteur.
Les ONG estiment qu’une partie de ces profits découle directement de la crise et non d’une performance structurelle des entreprises. Sur cette base, elles plaident pour une redistribution via un mécanisme fiscal européen.
Retour à une mesure de 2022
Les organisations se réfèrent à la contribution de solidarité temporaire mise en place par l'UE en 2022 pour les entreprises énergétiques. Selon la Commission européenne, cette mesure a généré environ 28 milliards d'euros lors des exercices fiscaux 2022 et 2023. Pour les signataires, cela démontre la faisabilité d’une telle approche à l’échelle européenne.
Elles demandent désormais non seulement sa réintroduction, mais aussi son renforcement, afin de capter une part plus importante des surprofits. Elles souhaitent également élargir le champ d’application aux compagnies pétrolières internationales actives sur le marché européen, même si elles n’y sont pas établies.
Des recettes pour des objectifs sociaux et énergétiques
Selon les ONG, les recettes de cette taxe devraient être clairement affectées. Elles évoquent notamment un soutien ciblé aux ménages vulnérables, des investissements dans l’efficacité énergétique et une accélération du déploiement des énergies renouvelables et des solutions d’électrification.
L’appel s’inscrit dans une stratégie plus large visant, selon les organisations, à réduire la dépendance de l’Europe aux combustibles fossiles et à limiter l’impact des chocs de prix liés aux tensions géopolitiques.
Un calendrier politique ciblé
La lettre intervient alors que la Commission européenne prépare des mesures d’urgence pour atténuer l’impact de la crise énergétique sur l’industrie et les États membres. Le sujet figure également à l’agenda du Conseil européen, ce que les ONG cherchent manifestement à exploiter pour peser dans le débat.
L’initiative est portée par une large coalition d’organisations environnementales, sociales et économiques. Elle reste toutefois une prise de position issue du secteur associatif, avec une lecture des mécanismes de marché et des profits clairement alignée sur leur agenda climatique et sociétal.