T&E: l’Europe peut combler son retard en électrification
Une étude présente l’électrification comme levier contre la dépendance au pétrole
L’Europe accuse actuellement un retard d’environ trois ans sur la Chine en termes de part de marché des véhicules électriques à batterie, selon Transport & Environment (T&E), qui publie une analyse de l’évolution du secteur des transports en Europe.
Selon T&E, l’Europe et la Chine se situaient à un niveau comparable en 2020, mais la Chine aurait depuis pris de l’avance grâce à un déploiement plus rapide de l’électrification. L’organisation estime que le renforcement des normes CO2 à partir de 2025 pourrait réduire cet écart.
L’électrification comme levier stratégique
T&E présente les véhicules électriques comme un levier central pour réduire la dépendance de l’Europe aux importations de pétrole. L’organisation avance qu’environ 8 millions de voitures électriques en circulation en 2025 auraient permis d’économiser près de 46 millions de barils de pétrole.
Elle souligne également que le transport reste, selon son analyse, le principal consommateur de pétrole et la première source d’émissions en Europe.
Coût du pétrole et dépendance extérieure
Sur la base d’un scénario à 100 dollars le baril, T&E estime que la facture d’importation de pétrole brut pourrait augmenter de 80 milliards d’euros en 2026 par rapport au niveau moyen de 2025.
Cette hausse est qualifiée par l’organisation de "prime de crise pétrolière", mettant en évidence la dépendance structurelle de l’Europe aux marchés énergétiques internationaux.
Domination chinoise dans les batteries
Selon T&E, la Chine occupe une position dominante dans la chaîne de valeur mondiale des batteries. L’organisation indique que les entreprises chinoises représentent une part importante des ventes mondiales de véhicules électriques et disposent d’une capacité de production largement supérieure à celle de l’Europe.
Parallèlement, T&E mentionne les investissements en cours dans la production européenne, impliquant des acteurs européens et internationaux.
Un rattrapage conditionnel
La conclusion de T&E est conditionnelle: l’Europe pourrait réduire, voire combler son retard d’ici 2030, à condition de maintenir les objectifs actuels, notamment ceux liés à l’horizon 2035.
Selon l’organisation, un assouplissement de la réglementation affaiblirait la compétitivité de l’industrie automobile européenne, tandis qu’une accélération de l’électrification pourrait soutenir son développement.
Mise en perspective
Les conclusions émanent de T&E, une organisation engagée en faveur de politiques climatiques ambitieuses. L’analyse s’inscrit donc dans une approche normative qui privilégie l’électrification comme solution principale.