L’électrification devance les projets de recharge
Les flottes allemandes veulent poursuivre leur électrification, mais les projets d’investissement dans leurs infrastructures de recharge ne suivent pas au même rythme. C’est ce que révèle une enquête de DEKRA et puls Marktforschung auprès de responsables de flottes d’au moins 50 voitures. Ils prévoient que la part des modèles électriques à batterie passera de 20% à 39% en moyenne d’ici trois ans. Parallèlement, 61% envisagent d’investir davantage dans l’électrification et 35% dans leurs installations de recharge. L’autonomie et le prix d’achat restent les principaux freins cités.
Une part électrique proche de 39%
Pour cette étude, puls Marktforschung a interrogé, en juillet et août 2026, plus de 250 personnes responsables ou coresponsables de la gestion de flotte ou de l’achat de véhicules dans leur entreprise. Ensemble, elles décident du sort d’un parc de près de 50.000 voitures particulières.
Le diesel reste la motorisation la plus représentée dans les flottes étudiées, avec 37%, suivi de l’essence avec 25%. Les véhicules électriques à batterie représentent 20%, les hybrides 17% et les autres motorisations 2%. Les arrondis expliquent que le total ne corresponde pas exactement à 100%. La catégorie des hybrides ne précise pas la part des modèles rechargeables.
Les répondants prévoient que la part des voitures électriques à batterie atteindra en moyenne 39% d’ici trois ans, soit presque le double du niveau actuel. Il s’agit d’une prévision des responsables interrogés, et non d’une évolution acquise pour l’ensemble du parc automobile d’entreprise allemand.
Des investissements aux priorités distinctes
L’électrification est le domaine dans lequel les répondants ressentent le plus fortement la nécessité d’agir. Pour 46%, elle figure parmi les trois principales priorités.
La transition occupe aussi une place centrale dans les projets d’investissement. Dans 61% des entreprises représentées, des investissements accrus dans l’électrification de la flotte sont attendus au cours des deux à trois prochaines années. Cette proportion atteint 35% pour l’installation ou l’extension d’infrastructures de recharge propres à l’entreprise.
Cet écart traduit des priorités d’investissement différentes. Il ne signifie pas automatiquement que les autres entreprises manquent de bornes: la question porte sur les investissements supplémentaires, pas sur les capacités déjà disponibles. DEKRA souligne néanmoins que véhicules et installations de recharge doivent être planifiés conjointement.
La recharge en entreprise mieux évaluée
Seuls 27% des répondants jugent l’infrastructure publique de recharge bonne ou très bonne. Les installations propres à l’entreprise obtiennent cette appréciation auprès de 46% des personnes interrogées.
Chez les responsables de flottes dont au moins 40% des voitures particulières sont électriques à batterie, la satisfaction concernant les installations de recharge de l’entreprise atteint 67%.
L’enquête distingue ainsi l’évaluation de l’offre publique de celle des équipements sur le site de l’entreprise. Les chiffres concernent les entreprises allemandes interrogées et ne peuvent pas être transposés tels quels à la Belgique.
La réduction des coûts comme moteur
Pour 55% des répondants, l’électrification figure parmi les principales mesures d’optimisation des coûts de flotte. Les prix élevés des carburants sont cités par 39% comme l’un des principaux moteurs de la transition. Les aides publiques et avantages fiscaux existants ou attendus suivent avec 34%.
À l’inverse, l’autonomie et le prix d’achat constituent des obstacles. Une autonomie sur batterie jugée insuffisante est citée par 37% comme un frein à la poursuite de l’électrification. Le coût d’acquisition élevé des véhicules électriques suit avec 35%. Plusieurs réponses étaient possibles pour les facteurs favorables comme pour les obstacles.
Les résultats décrivent les attentes et les expériences des répondants. Ils ne constituent pas une comparaison du coût total d’utilisation de différents modèles.
Des réparateurs qualifiés indispensables
DEKRA associe explicitement la poursuite de l’électrification à d’autres éléments que les véhicules et les bornes. Des réparateurs qualifiés et des procédures de contrôle fiables font également partie des moyens nécessaires, selon l’organisme.
"Il faut non seulement des véhicules techniquement aboutis, mais aussi des infrastructures sûres et adaptées aux besoins, des réparateurs qualifiés et des procédures de contrôle fiables", explique Guido Kutschera, président de la direction de DEKRA Automobil GmbH.
"Pour les flottes, l’une des missions centrales sera de planifier conjointement, dès le départ, l’électrification du parc et le développement des possibilités de recharge."
Le VDA pointe les lacunes du réseau public
Une analyse distincte du Verband der Automobilindustrie (VDA), également publiée le 4 novembre, apporte un éclairage complémentaire sur le réseau public de recharge en Allemagne.
Au 1er juillet 2026, l’Allemagne comptait 211.025 points de recharge accessibles au public, dont 55.011 points de recharge rapide. Le parc comprenait parallèlement 3.591.910 voitures rechargeables. Le VDA inclut ici les véhicules électriques à batterie et les hybrides rechargeables.
On dénombrait en moyenne 17,0 voitures rechargeables par point de recharge public, contre 16,7 un an auparavant. Le réseau s’est donc développé, mais le rapport entre véhicules et points de recharge est resté presque identique. Pour les points rapides, ce rapport s’est toutefois amélioré, passant d’environ 71 à 65,3 véhicules par point.
La répartition géographique reste inégale. Parmi les communes allemandes d’au moins 500 habitants, 30% ne disposaient d’aucun point de recharge accessible au public et 61% d’aucun point public de recharge rapide. Selon la définition allemande, un point délivrant une puissance supérieure à 22 kW est considéré comme rapide.
Hildegard Müller, présidente du VDA, demande de poursuivre le déploiement du réseau, d’accélérer les procédures de planification et d’autorisation et de garantir des capacités électriques suffisantes. L’analyse du VDA porte sur le réseau public; l’étude DEKRA examine aussi les projets d’investissement et les expériences au sein des flottes d’entreprise.