Dix faits à connaître sur l'électromobilité
Le VDA rassemble des chiffres sur l'autonomie, la recharge et les batteries
Alors que les immatriculations de véhicules électriques progressent, de plus en plus de consommateurs envisagent également de passer à l'électrique. Selon la fédération allemande de l'industrie automobile VDA, des interrogations subsistent néanmoins concernant notamment l'autonomie, les temps de recharge, la durée de vie des batteries et la sécurité. L'organisation rassemble donc dix faits et chiffres sur l'électromobilité. Sa présidente Hildegard Müller reconnaît toutefois que toutes les préoccupations ne sont pas infondées. Selon elle, l'offre de recharge publique et le prix de l'électricité aux bornes restent notamment des points d'attention, tandis que des investissements supplémentaires dans l'infrastructure de recharge et les réseaux électriques sont nécessaires.
Fait 1: de nombreux trajets sont largement à portée
L'autonomie d'une voiture électrique dépend notamment de la capacité de sa batterie, qui varie selon le VDA de moins de 30 kWh à plus de 100 kWh en fonction de la catégorie du véhicule. Cela permet d'atteindre des autonomies allant d'environ 200 à plus de 700 km. Selon les données citées, certains modèles haut de gamme récents atteignent même jusqu'à 900 km, tandis que certains véhicules peuvent parcourir plus de 1.000 km sur autoroute avec un seul arrêt de recharge.
Comme pour un véhicule thermique, l'autonomie réelle dépend notamment du style de conduite, de la température extérieure, de la climatisation et de la charge transportée. Selon le VDA, 95% de tous les trajets effectués en transport individuel motorisé font moins de 50 km, une distance qui peut être parcourue sans difficulté avec pratiquement tous les modèles électriques. Pour les déplacements plus longs, une planification préalable des recharges peut apporter davantage de sécurité.
Le VDA présente par ailleurs les hybrides rechargeables comme une solution supplémentaire pour ceux qui hésitent encore à passer à une voiture entièrement électrique. Les petits trajets peuvent alors être effectués en mode électrique, tandis que le moteur thermique peut intervenir sur de plus longues distances ou lorsqu'aucune possibilité de recharge n'est disponible.
Fait 2: la recharge rapide peut prendre moins de 20 minutes
Le temps de recharge à une borne publique dépend en grande partie de la puissance disponible à la borne et des performances de recharge du véhicule. À une borne AC jusqu'à 22 kW, une recharge dure généralement entre deux et cinq heures selon le modèle. Ces bornes conviennent donc surtout aux périodes d'immobilisation prolongées, par exemple à domicile ou pendant les heures de travail.
Les bornes rapides DC d'une puissance de 50 à 350 kW permettent, selon le VDA, de recharger une voiture particulière jusqu'à 80% en moins d'une heure. Sur certains modèles haut de gamme récents, environ 80% de charge peuvent même être atteints en moins de 20 minutes.
Au 1er juin 2026, l'Allemagne comptait environ 206.000 points de recharge publics, dont plus de 53.000 points de recharge rapide. Les automobilistes qui peuvent recharger à domicile, au travail ou pendant leurs achats peuvent en outre effectuer une grande partie de leurs recharges pendant que le véhicule est de toute façon immobilisé.
Fait 3: les batteries de traction durent de nombreuses années
Les batteries de traction modernes sont conçues pour supporter des centaines de cycles de recharge sans diminution importante de leur capacité utile et, par conséquent, de leur autonomie. Selon le VDA, les garanties proposées aujourd'hui en Europe prévoient généralement qu'après huit ans ou 160.000 km, la batterie conserve au moins 70% de sa capacité utile initiale. Dans la pratique, les voitures électriques conserveraient généralement encore entre 80 et 90% de leur capacité après cette période.
Le VDA fait également référence aux futures exigences d'Euro 7. La batterie devra conserver au moins 80% de sa capacité initiale après cinq ans ou 100.000 km et au moins 72% après huit ans ou 160.000 km.
Selon les études citées par l'organisation, la plupart des batteries examinées conservent en outre une capacité résiduelle supérieure à 80% même après plus de 200.000 km. La capacité utile résiduelle resterait également relativement stable à des kilométrages encore plus élevés.
Fait 4: les VE émettent moins de gaz à effet de serre sur leur cycle de vie
La production d'une voiture électrique génère initialement davantage d'émissions de CO2 que celle d'un véhicule thermique comparable. Cette différence s'explique principalement par la production de la batterie de traction, qui nécessite beaucoup d'énergie et de matières premières. Sur l'ensemble du cycle de vie, le bilan évolue toutefois selon les études citées par le VDA.
En Allemagne, les voitures électriques généreraient environ 40% de gaz à effet de serre en moins que des véhicules thermiques comparables, en tenant compte de la production, de l'utilisation et du recyclage. Lorsqu'elles sont exclusivement rechargées avec de l'électricité d'origine renouvelable, les émissions pourraient être réduites jusqu'à 70% selon le VDA. Les progrès dans la production et le recyclage des batteries ainsi que l'augmentation de la part des énergies renouvelables dans la production d'électricité peuvent encore améliorer ce bilan.
Fait 5: les mises à jour ne nécessitent pas toujours un passage à l'atelier
La rapidité des évolutions technologiques suscite parfois la crainte qu'une voiture électrique devienne rapidement obsolète sur le plan numérique. Selon le VDA, la numérisation croissante n'est toutefois pas spécifique aux véhicules électriques, mais concerne l'ensemble du secteur automobile.
Les mises à jour logicielles à distance, dites OTA, permettent d'actualiser les logiciels du véhicule sans passage à l'atelier. Cette possibilité concerne aussi bien les véhicules électriques que les voitures à moteur thermique. Selon le VDA, ces mises à jour peuvent ainsi contribuer à maintenir à niveau les logiciels des véhicules électriques d'occasion.
Fait 6: la recharge bidirectionnelle peut générer des revenus
Avec la recharge bidirectionnelle, une voiture électrique peut non seulement prélever de l'électricité, mais également restituer l'énergie stockée. Celle-ci peut par exemple être réinjectée dans le réseau électrique d'une habitation ou, lorsque le véhicule, l'installation de recharge et la réglementation le permettent, dans le réseau public. La batterie de traction acquiert ainsi, en plus de son rôle de source d'énergie pour la propulsion, une fonction de stockage mobile d'énergie.
Selon le VDA, la recharge bidirectionnelle peut réduire les coûts de recharge, créer des possibilités de revenus sur le marché de l'énergie et contribuer à la stabilité du réseau électrique. En 2026, les constructeurs allemands devraient déjà proposer vingt modèles préparés pour la réinjection d'électricité dans le réseau. Une introduction à grande échelle nécessite toutefois encore des conditions techniques et réglementaires appropriées.
Fait 7: l'électrification offre aussi des possibilités aux utilitaires
L'électrification ne se limite pas aux voitures particulières. Dans le transport routier de marchandises également, les constructeurs et équipementiers travaillent selon le VDA à la transition vers une mobilité climatiquement neutre et numérique. L'organisation souligne à cet égard le potentiel de réduction des émissions, puisque le transport routier lourd représenterait près de 30% des émissions de CO2 sur les routes européennes.
Des poids lourds électriques à batterie offrant jusqu'à 500 km d'autonomie sont déjà disponibles. Les premiers véhicules à hydrogène atteignent selon le VDA entre 700 et 800 km.
Fait 8: l'industrie automobile allemande investit des milliards
Entre 2026 et 2030, les constructeurs automobiles et équipementiers allemands prévoient d'investir environ 320 milliards d'euros dans le monde en recherche et développement. Selon le VDA, l'électromobilité y occupe une place importante. Environ 220 milliards d'euros supplémentaires sont prévus en investissements matériels, notamment pour la transformation des sites de production.
Selon le VDA, l'Allemagne est actuellement le deuxième site de production de voitures électriques au monde. En 2025, 1,7 million de voitures particulières électrifiées y ont été produites, dont 1,2 million de voitures électriques à batterie. Les modèles électrifiés représentaient ainsi 40,2% de la production allemande totale de voitures particulières.
Environ 110 modèles électriques différents de constructeurs allemands sont actuellement proposés sur le marché allemand, contre quelque 160 dans le monde. Selon le VDA, les dix modèles électriques les plus immatriculés en Allemagne en 2025 provenaient tous de constructeurs allemands ou de marques appartenant à leurs groupes.
Fait 9: les VE ne présentent pas un risque d'incendie supérieur
Selon les données citées par le VDA, le risque d'incendie d'une voiture électrique n'est pas supérieur à celui d'un véhicule thermique. Un incendie de véhicule impliquant une batterie lithium-ion peut toutefois nécessiter une intervention plus longue et une quantité plus importante d'agent extincteur.
Des procédures d'intervention spécifiques ont été développées pour ce type d'incident. Les constructeurs automobiles ont élaboré, en collaboration notamment avec les services d'incendie, l'ADAC et l'assurance légale allemande contre les accidents, des fiches de secours et des recommandations pour la lutte contre les incendies impliquant des batteries lithium-ion. Sous la direction du VDA, une recommandation commune a également été élaborée pour la prise en charge professionnelle des véhicules électriques à batterie accidentés ou incendiés, notamment à destination des services de dépannage, des autorités de sécurité et des ateliers spécialisés.
Fait 10: le moteur électrique délivre immédiatement son couple
Les voitures électriques peuvent accélérer rapidement parce que le moteur électrique délivre immédiatement son couple. Selon le VDA, certains modèles sportifs électriques peuvent passer de 0 à 100 km/h en moins de trois secondes et atteindre dans certains cas des vitesses nettement supérieures à 300 km/h.
De nombreuses voitures électriques sont toutefois limitées électroniquement, généralement entre 160 et 200 km/h selon le modèle. Cette limitation permet notamment de contenir la forte hausse de la consommation d'énergie à vitesse élevée et donc de préserver l'autonomie. Certains constructeurs appliquent par ailleurs également une limitation volontaire de la vitesse maximale à leurs véhicules thermiques.
Enfin, le VDA souligne certains avantages accordés en Allemagne aux véhicules électriques munis d'une plaque d'immatriculation "E". Dans certaines régions, ils peuvent par exemple emprunter des voies réservées ou bénéficier d'avantages en matière de stationnement. Selon le VDA, l'obligation d'apposer une vignette environnementale sur les voitures électriques en Allemagne sera également supprimée à l'avenir.